Tofino tote formule tan-bark (voile brun cachou)

 

On arrive à Tofino en hydravion, sur le dos d’une baleine ou comme tout le monde en voiture après 300 km d’une route serpentant depuis Victoria (au sud de l’île de Vancouver) à travers des milliers d’arbres géants, sapins, cèdres, chênes, qui cachent parfois un ours,  parfois un loup et tout en haut des aigles … la route est si longue, la forêt si pleine des mystères du Grand Ouest, que l’on croit entendre les mots que se transmettaient les Nuu-chah-nulth, de générations en générations  -avant la route- Hishuk ish tsawalk/le monde est un seul et tout est interconnecté. Pas si “sauvages” …!

 

(ph. www.nuuchahnulth.org)

Leur propre dénomination se traduit d’ailleurs par “tout au long des montagnes et la mer” conscients qu’ils étaient de coexister avec un double milieu écologique.

(ph. Relations de voyages)

A peu près sous la même latitude, les Irlandais, les Scandinaves (Vikings) qui confectionnaient des voiles (en fibres de lin ou de jute) sujettent au pourrissement à cause de l’eau de pluie, ont su aussi trouver dans les arbres de leur région la substance permettant de les protéger : le tanin de l’écorce des chênes. Lié aux protéines de collagène contenu dans l’écorce qui sera bouillie dans de l’huile de lin pendant plusieurs heures, les voiles étaient ainsi enduites afin de mieux résister à la solubilité et aux attaques de bactéries. D’où le nom d’origine anglo-saxonne de cette couleur : “tan-bark” qui va du cachou/rouille/ocre au carmin/bordeaux et divers bruns qu’elles adoptent. Tan pour être précis vient du latin “tannare” signifiant “convertir en cuir”.

 

Modèle Tofino tote (tan-bark)  Relations de voyages coll. Hiver 2013 (ph. Relations de voyages)

Aujourd’hui les voiles synthétiques en dacron comme celle que nous avons recyclée avec ses réparations pour le Tofino tote ci-dessus, sont colorées selon des procédés bien chimiques pour   “faire genre naturel” et s’harmoniser avec les plans anciens qu’elles propulsent … Mais les bactéries n’appréciant pas le goût du dacron cuit, nous voilà contraints de digérer nous mêmes par le biais du recyclage, des matériaux obsolètes et non dégradables. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?

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