Cap sur la boutique MOP à Roscoff

” Cent vingt corsairiens, gens de corde et de sac,
À bord de la Mary-Gratis, ont mis leur sac.
– Il est temps, les enfants ! on a roulé sa bosse…
Hisse !  Mop ! – C’est le grand-foc qui va payer la noce.
Étarque ! – Leur argent les fasse tous cocus !…
La drisse du grand-foc leur rendra leurs écus…
– Hisse hoé ! Mop hoé!… C’est pas tant le gendarm’ qué jé r’grette !
– Hisse hoà !… Mop hoa! C’est pas ça ! Naviguons, ma brunette !

Va donc Mary-Gratis, brick écumeur d’Anglais !
Vire à pic et dérape !… – Un coquin de vent frais
Largue, en vrai matelot, les voiles de l’aurore ; …/…”  (Aurora -Les Amours jaunes)

Comment aller poser ses sacs dans la boutique MOP à Roscoff, sans avoir relu quatre lignes de Tristan Corbière,

fils d’Edouard (l’auteur du Négrier), surnommé l’Ankou par les Roscovites et désigné par Verlaine comme le 5ème poète maudit ?

Comment une fois dans le vieux port, ne pas re-jouer à cache-cache dans la ruelle sombre qui mène à la crique des amoureux,

 

et se rappeler de la grand-voile déchirée au retour des Scilly en empannant à l’entrée de la passe de l’île de Batz ?

 

s’empêcher de re-cadrer le dragon perché sur la maison à vendre de la grand-mère de Sylvie ?

 

Alors forçément rue Amiral Réveillère où monte le flux des passants, comment ne pas céder aux charmes de la boutique MOP,

 

 

y faire le plein de cadeaux, de chapeaux, de bijoux, de sacs “paiolo” en voiles de bateaux recyclées bien sûr, de Relations de voyages bien sûr,gonflés de la bonne humeur communicative de Monique et Mayoune.

Car la boutique MOP est connue depuis longtemps et dans tout l’Ouest pour chercher chaque saison des accessoires concoctés par des mains dégourdies.

 

Elle fut la première boutique française en 1998, à proposer nos sacs en voiles fraîchement découpées (certaines ayant trempé dans la baie de Morlaix),soigneusement recousues et encordées de noeuds marins en bonne et due forme.

 

Comme chacun sait, à Roscoff on ne tergiverse pas avec la Forme, celle des mots, du sourire des dragons, du tranchant des écueils,

 

de l’ironie de la route à suivre..

 

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